Réaction à l’actu : Le reconfinement est-il le témoignage d’un nouveau modèle social, politique, numérique et relationnel?

Nous sommes à nouveau entrés en confinement, mais en version réadaptée à la réalité économique, délaissant l’aspect social en raison des conditions de contamination se faisant lors des rassemblements dans les lieux publics. Avec l’émergence du Covid-19 et les mesures gouvernementales prises à travers le monde, on assiste à un remodelage social, économique et relationnel nous invitant à changer de paradigme. Le confinement du 16 mars dernier, la version drastique, malgré sa sévérité, m’a enrichie. Cela n’a pas vraiment été le cas de la société française qui s’est accrochée à sa vie d’avant la pandémie et espère publiquement la retrouver. L’avenir nous le dira et le champ des possibles est ouvert. En ces nouveaux temps de restrictions sociales et relationnelles, de réadaptation professionnelle, sur fond de crise économique et politique, comment s’adapter au changement global et majeur qui se profile?

LE CONFINEMENT SEULE SOLUTION EFFICACE, MAIS COURT-TERMISTE

Je n’ai plus rien à vous apprendre sur le Covid-19 tant les médias nous abreuvent d’informations. Au sujet de cette maladie infectieuse qui se transmet notamment par les gouttelettes de postillons et probablement de façon aérienne, nous savons tous très bien qu’il est primordial de se protéger en respectant les gestes barrières que l’on nous rappelle dès que l’occasion se présente tellement ce virus est indéniablement virulent et peut avoir des conséquences funestes. C’est compréhensible, il a fait tant de morts à travers le monde depuis décembre 2019 y compris en France. Pour le moment la course au vaccin fait rage tant dans les grandes puissances que dans les pays émergents. Ces derniers peuvent avoir leur va-tout à jouer pour entrer dans la cour des grands. Les recherches sont sur le point de nous apporter ce qui va nous protéger de la maladie d’un point de vue sérologique. D’après mes informations, le laboratoire Pfizer pourrait en mettre au point un vaccin pour janvier 2021. En attendant, les gouvernements de tous les pays du monde ont tous un seul mot d’ordre, essayer de prévenir et enrayer la crise en prenant des mesures efficaces sur le court terme, vous comprendrez donc que je parle ici de confinement. Cette solution à fait ses preuves en mars avec une diminution de morts et contaminations vertigineuses en deux mois grâce à la restriction de toute vie sociale avec les conséquences psychologiques et économiques que l’on connait. En deux mots, le moral des français au plus bas et une récession marquée. Malgré tout, force est de constater que les diminutions de regroupements et contacts dans les lieux recevant du public, la restriction au cercle familial nucléaire qui peut se réduire à un seul individu en cas de célibat, ou pour les étudiants et les jeunes professionnels. Mais dès que la vie reprend son cours, ce qui ne peut être envisagé pour le moment, les contaminations se multiplient à vive allure. De plus, ce type de décret amène la frustration des populations, d’où une désobéissance d’élus locaux et des mouvements anti-masques, non conscients qu’il faille éduquer à réadapter le comportement social en temps de crise.

UN NOUVEAU MODELE SOCIAL, RELATIONNEL ET NUMERIQUE

Dans une optique relationnelle et sociale il y a un avant et après pandémie. Fini les embrassades, les câlins entre proches, les checks, les verres en terrasse, dans les bars, les diners dans des restaurants bondés, la promiscuité des discothèques et des lieux publics. Alors que fait-on? On s’accroche au mode de vie passé fait d’une dimension très tactile avec une vie sociale très physique c’est à dire, en face à face? Y a-t-il une alternative adaptative temporaire ou un juste équilibre? Je pense très franchement qu’il faille s’adapter, comme l’être humain l’a fait à chaque situation extrême ou grand changement, ce qui a eu pour conséquence un monde évolué et riche sous divers aspects, en l’occurrence économique, social, intellectuel, spirituel, et sociétal. L’individu a le choix. Fuir, reculer donc se figer, ou affronter et s’adapter. Pour le moment, il n’y a pas de vaccin et je suis témoin d’une société qui refuse la réalité, nos modes de vies sociaux doivent se réajuster et s’enrichir, nous allons grandir de cette expérience qui marquera les livres d’histoire. Parallèlement, nous vivons la révolution digitale, nous sommes naturellement invités à nous appuyer sur le numérique pour nos relations sociales, la visiophonie est un fabuleux exemple d’expérience sensorielle qui rapproche les populations en abolissant les contraintes, spatio-temporelles et maintenant sanitaires. Les opérateurs télécoms l’ont compris en offrant la visiophonie à leurs abonnés. Cette pandémie, nous ramène tous à l’essentiel, notre petit cercle familial, les plus proches, nous invite à nous recentrer sur nous mêmes et encourage naturellement des relations à l’aide médias digitaux, des relations que l’on peut baptiser d’épistodigitales? Les messageries instantanées sont très prisées, le streaming, les recherches sur internet sont accrues, les réseaux sociaux prennent beaucoup de place et sont complémentaires des médias historiques dans la diffusion de l’information (malgré les fake news et la manipulation controversée des données), les solutions numériques accélèrent leur croissance, le télétravail, les études en distanciel sont notre avenir et c’est le moment d’en être acteurs. On ne peut empêcher ce progrès exponentiel notamment avec la croissance inexorable de l’Intelligence Artificielle, son arrivée dans nos foyers et notre espace social.

UN NOUVEAU MODELE ECONOMIQUE POUR LES COMMERCES DE PROXIMITES

En premier lieu, les aides de l’état accordées aux bars, restaurants et commerces fragiles sont les bienvenues et vont permettre à ces acteurs de souffler tant ils sont asphyxiés par les lourdes charges de l’état. Il est important que chaque commerçant ou artisan puisse être accompagné dans cette difficulté majeure et qu’aucun ne soit impacté négativement. Ceci étant posé, les commerces de proximité, grands lésés des confinements, doivent se rendre à l’évidence. Le modèle dans lequel ils s’inscrivaient jusqu’ici n’est plus tout à fait en phase avec les évolutions de la société actuelle, nomade, en mouvement et vivant dans l’immédiateté. Ainsi, il serait pertinent de changer leur façon de travailler, par exemple certains restaurateurs ou traiteurs ont déjà diversifié leur activité en proposant de la livraison de repas à domicile et apporter une nouvelle expérience client. Les libraires de proximité, au lieu de diaboliser les mastodontes tels qu’Amazon ou la FNAC peuvent s’unir pour créer une grande plateforme de vente d’ouvrages littéraires avec un positionnement différent que le leader ou proposer la livraison à leurs clients pour survivre, somme toute proposer des solutions innovantes. La livraison a toute heure ou le click et collect sont un nouveau mode de consommation à prendre en compte. Il faut savoir l’écouter et s’orienter vers le e-commerce, ou tout au moins un modèle économique mixte. J’insiste encore sur l’appui du digital. Il peut devenir l’arme secrète des gouvernements au sens accroitre la digitalisation des sociétés et de l’économie, avec évidemment l’éthique pour point de mire.

UN NOUVEAU MODELE SUR LEQUEL LE FGOUVERNEMENT DOIT TRAVAILLER

Contrairement au monde globalisé du début des années 2000, cette pandémie ferme les frontières, change le modèles modèles économiques vers plus de collaboration, de solidarité, de localisme et clairement de proximité. Des concepts que les partis populistes prônent en fustigeant l’immigration et en agitant le drapeau rouge des peurs. Il y a une alternative à cette vision erronée, négative et régressive des sociétés à travers le monde et en France. Ainsi les partis progressistes ont une carte à jouer de ce point de vue, en l’occurrence pour les prochaines échéances électorales de 2022. De plus, il serait intéressant de considérer les acteurs du divertissement comme une fonction essentielle de la santé sociale des peuples, la fonction escapiste des médias est fondamentale dans la vie de chacun, dans sa dimension psychologique et émotionnelle. Ainsi, favoriser la production de programmes sur les plateformes de streaming audiovisuel comme Netflix, Disney +, ou encore Amazon Prime ou Apple +, plutôt que le cinéma en salle. Egalement, protéger et accompagner davantage les acteurs de l’industrie du divertissement dans leurs moyens de productions et surtout leur permettre, dans le cadre d’un protocole sanitaire strict; de tourner leurs émissions, longs et courts métrages ou tout autre programmes audiovisuels. Les médias de masse soutiennent l’équilibre d’une société. Cela peut se combiner parfaitement avec du théâtre et cinéma “physique” dès l’arrivée du vaccin. C’est pareil pour la musique, le streaming doit d’urgence être encouragé. Et de nouvelles formes de création permettant de créer un public distanciel. Il est de notre responsabilité de changer de vision du spectacle avec un accent mis sur la créativité de la vidéo s’apparentant au cinéma. Michael Jackson, Madonna ou Mylène Farmer ont pu faire des clips vidéos événement qui, je le sais, ne remplacent pas la scène. Néanmoins, la scène en elle même et les sensations qui y sont liées nous les avons apprises au fil de notre histoire et elles doivent être reconsidérées et réinventées en cas de crise.

UNE RESPONSABILITE A LA FOIS COLLECTIVE ET INDIVIDUELLE

Il faut accepter qu’on doit être unis dans cette épreuve collective. Certes, elle est a affronter de façon individuelle ce qui peut engendrer de l’individualisme, mais engage à la responsabilité dans l’espace de liberté de chacun avec pour conséquence un ruissellement sur le corps social. Comme l’a énoncé le président dans son allocution du 28 Octobre, il faut faire bloc, tout en se gardant les uns et autres à distance, pour le moment. Après l’arrivée du vaccin nous aurons un nouveau mode de vie social, une économie et une politique redimensionnée, grandie, évoluée. Je ne dis pas que les inégalités ne seront pas accrues, et que certains voudront ou pas suivre le mouvement, mais c’est une sorte de sélection naturelle. Il demeure à ce jour que nous avons un choix à faire pour survivre à cette crise. Elargir nos horizons et façon de vivre ou se heurter à un mur difficile à franchir. Pour se sauver, nous pouvons saisir l’opportunité de la solidarité et unité grâce au numérique pour la préservation de notre espèce. Ce qu’il y a de rassurant c’est que le monde a déjà vécu de nombreuses crises et s’en est relevé grâce à la responsabilité, le courage politique et civique. Le Coronavirus fera partie du paysage pendant un moment, peut être comme une épée de Damoclès, cependant, c’est une invitation à la créativité, la résilience et une rupture avec l’ancien monde en l’occurrence vertical, unilatéral et analogique.

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